Warning: Constant TRUE already defined in /home/clients/f3fc7ce3e754cf7dcd55652a3aaa8db4/web/tsfj/wp-content/plugins/amazon-associates-link-builder/plugin_config.php on line 114
1 an et 6 mois à étudier le japonais à Toshin Language School | Two Steps From Japan
Sélectionner une page

En surfant sur le net, j’aperçois souvent des gens demandant des retours sur l’école de japonais Toshin Language School à Tokyo. Pour y avoir passé 1 an et 6 mois en visa étudiant et 3 mois lorsque je suis arrivé au Japon en working holiday, je pense que partager mon expérience ici pourrait en éclairer certains.

Généralités

Toshin Language School est une école de langue japonaise située à Takadanobaba, arrondissement de Shinjuku, dont la gare se trouve sur la ligne Yamanote. Il faut compter environ 15 minutes à pieds depuis JR Takadanobaba station, ou cinq minutes depuis Shimo-Ochiai station sur la ligne Seibu Shinjuku.

On y comptait environ 350 élèves quand j’y étais, 10 à 20 élèves par classe. La composition des classes est assez hétéroclite chez les débutants : Des Chinois (en majorité), Vietnamiens, Coréens, Népalais, Français, Belges et Canadiens. Il doit certainement y avoir d’autres nationalités, mais celles que j’ai citées sont les plus présentes. Les classes plus avancées sont plus homogènes en revanche, avec une majorité quasi absolue de Chinois, et quelques rares « survivants » des autres nationalités citées ci-dessus.

Venons-en au sujet qui fait mal, le tarif. Une année en visa étudiant coûte 728 000 yens (entre 5000 et 6000 euros à l’heure ou j’écris ces lignes). Ce tarif inclut :

  • La formation elle-même, c’est-à-dire qu’il te donne le droit d’assister à 4 cours de 50 minutes du lundi au vendredi. Ces cours peuvent inclure des cours préparatoires au passage du JLPT (test d’aptitude à la langue japonaise)  ou de l’EJU (nécessaire pour entrer dans une université japonaise).
  • La demande du visa étudiant. C’est-à-dire que l’école se chargera d’obtenir un visa qui te permettra de rester au Japon pendant toute la durée de vos études. En bref, tu fournis les documents nécessaires à l’inscription, et tu attends que ça se passe.
  • Une sortie en octobre avec tous les élèves de l’école. Pour moi ça a été Disneyland la première année, et Yomiuri-Land la deuxième.

Si tu es en visa Working Holiday, tu pourras bénéficier d’un tarif plus raisonnable à 150 000 yens par trimestre, et l’inscription est d’autant plus facile et rapide.

Bien que ça puisse paraître cher lorsqu’on n’a l’habitude d’aller à l’école pour pas grand-chose en France, cette école reste sensiblement moins chère que la moyenne (à Tokyo en tout cas).

Petite précision cependant sur ce que le tarif n’inclut pas :

  • Les fournitures scolaires. Manuels, cahiers, stylos… etc. On te demandera de tout acheter à la rentrée. De nouveaux manuels scolaires seront requis au fur et à mesure que tu progresseras, et il te faudra également les acheter.
  • Les dépenses extrascolaires telles que le logement, la nourriture, les transports et les sorties. Bien que ça puisse te paraître évident, je précise au cas où.
  • Les éventuelles inscriptions à divers examens telles que le JLPT ou l’EJU. Il faudra payer de ta poche si tu souhaites passer l’un de ces examens.

La formation

L’école Toshin propose des cours de divers niveaux. Il y a plusieurs classes qui vont de A à K (tout dépend du nombre d’élèves de chaque niveau), puis une classe S pour les super-débutants. Au début de chaque trimestre, il est demandé aux nouveaux élèves de passer un test de niveau dans les locaux de l’école quelques jours avant la rentrée officielle. Il est possible de passer à la classe supérieure (ou de redoubler) tous les trimestres selon les résultats aux tests. Avant de décrire ce qui te sera proposé dans chaque classe, laisse-moi te parler des professeurs de Toshin. Comme, je pense, de partout, il y en a de bons et de moins bons. Chaque élève aura ses préférences, certains profs sont plus « scolaires », d’autres plus énergiques et déconneurs. Je pense que chacun d’entre eux te fera chier à un moment ou à un autre, tout aussi bien qu’il t’apportera de nouvelles connaissances. Le mieux est de garder en tête que chacun de ces profs possède, quoi qu’il en soit, de quoi étoffer tes connaissances. Et plus que ça encore, certains deviendront peut-être tes amis.

Concernant le programme :

Dans les classes pour débutants (de S à C lorsque j’y étais), Toshin utilise le fameux programme Minna No Nihongo. Il s’agit d’un programme utilisé par de nombreuses écoles, que je trouve bien adapté aux débutants dans la mesure où l’on trouve aussi un manuel traduit en français avec des explications grammaticales précises. Tu apprendras à travers ces manuels (il y a un livre avec des textes et de la grammaire, un autre pour apprendre les kanjis) les bases de la langue japonaise. Comment formuler des phrases simples, lire des textes faciles, lire et écrire les idéogrammes les plus élémentaires… etc., de quoi survivre en somme, et surtout de quoi comprendre les misères que l’on te demandera d’apprendre dans les classes intermédiaires et avancées. En bref, ce sont les outils qui te permettront de faire le premier pas en japonais.

Dans les classes de niveau intermédiaire (de D à F lorsque j’y étais), tu auras le fameux « livre bleu » (comme on l’appelait à l’école), il s’agit d’un manuel scolaire de couleur bleu intitulé « 中級から学ぶ日本語 – Chuukyuu kara Manabu Nihongo » (en français : Apprendre le japonais à partir du niveau intermédiaire). Ce livre te suivra de la classe D à la classe F voir G (une bonne année, quoi). On y trouve textes dont la difficulté va crescendo, des formules de grammaire et du vocabulaire. Toutes sortes de sujets y sont abordés, les textes sont parfois (souvent ?) chiants, mais il faut dire ce qui est, un élève qui saura utiliser ce bouquin à bon escient fera de bons progrès. En le terminant, on peut (éventuellement) avoir le niveau de passer le JLPT N2. Niveau kanji, ce sera le « livre jaune », en japonais « 留学生のための漢字の教科書 – Ryuugakusei no tame no kanji no kyoukasho 700 ». J’ai vraiment apprécié ce manuel car il est clair, facile à comprendre et propose plusieurs exercices pour aider à mémoriser les kanjis. Tu y retrouveras certains des kanjis étudiés dans Minna No Nihongo, mais je suis sûr que ça ne sera pas de trop.

Lorsque tu passeras dans les classes de niveau intermédiaire-avancé (E et F lorsque j’y étais), un livre de grammaire JLPT N2 viendra s’ajouter au « livre bleu ». Encore une fois, il s’agit d’un livre clair, facile à exploiter et qui t’aidera certainement à passer ton JLPT N2.

En classe de niveau avancé (en général classe G, H et plus haut), ce sont des photocopies de divers manuels qui te seront fournies, le contenu change à chaque trimestre et chaque classe selon le profil/le niveau des élèves.

Lorsque tu atteindras la fin de ta formation, les profs et le staff de l’école pourront t’assister dans la recherche éventuelle d’une autre école pour la suite (Senmongakkou ou université). Par ailleurs, si tu es en visa étudiant et que tu comptes faire des études au Japon après l’école de japonais, sache que le début d’une année scolaire se fait en avril ici. Une formation « standard » durant 1 an et demi, l’idéal serait donc de venir en septembre pour que la durée corresponde avec la rentrée des universités et Senmongakkou (écoles spécialisées).

Mon avis sur la formation : J’ai passé 3 mois à l’école Toshin dès mon arrivée au Japon. À cette époque, je ne parlais pas du tout le japonais (je savais dire bonjour et me présenter, mais mettons-nous d’accord, on ne va pas loin avec ça) et j’ai fait ma rentrée en classe A. J’ai eu de bons résultats aux examens pendant ce trimestre, même si je ramais un peu avec les kanjis. Ce qui est sûr, c’est que même si je n’étais pas « bon en japonais » après ça, j’avais tout de même les clés de ma progression en main. J’ai également eu la chance de rencontrer des amis qui ont rendu mon expérience du Japon unique et inoubliable, et d’autres qui, en se montrant passionnés par leurs rêves et motivés à apprendre le japonais, ont su m’inspirer et me donner la volonté de progresser.

C’est ensuite neuf mois plus tard, à la fin de mon visa Working Holiday, que je suis revenu à Toshin avec un visa étudiant. J’avais un peu progressé en japonais (je me suis tapé tout le programme Minna No Nihongo en solo et j’ai bossé dans un resto entouré de staff japonais), ce qui m’a permis d’entrer directement en classe C. Je crois que mes plus gros progrès se sont faits à partir de là, et ce pendant 9 mois jusqu’à la classe E voir F. On nous fait bouffer pas mal de kanjis et du nouveau vocabulaire (tous les jours), et on peut facilement se faire larguer si on ne révise pas régulièrement de son côté. Niveau grammaire, pareil, pas mal de nouvelles formules et règles à apprendre. C’est difficile de tout retenir et on peut facilement se laisser décourager lorsqu’on n’a pas le temps de réviser chez soi. Ce qu’il faut se dire, c’est que, par exemple, si on t’apprend 10 nouvelles règles dans la semaine, en retenir ne serait-ce que le tiers t’aura déjà fait progressé. Je pense sincèrement qu’en plus de la formation, l’optimisme joue un rôle majeur dans l’apprentissage du japonais. L’optimisme aide à être régulier, et la régularité n’apporte que des progrès. Bref, j’ai galéré, mais je suis resté optimiste et j’ai réussi à décrocher le JLPT N2 au bout de 9 mois d’école, à la fin de la classe E.

Toutefois, si je devais citer quelques freins à ma progression (car tout n’est pas tout beau tout rose, évidemment), je citerais le nombre d’élèves par classe. Le nombre d’étudiants étrangers (Français inclus) a sensiblement augmenté ces dernières années au Japon, et les salles de classe se retrouvent rapidement pleines avec des groupes de 15 à 20 élèves. Qui dit plus d’élèves dit moins de temps de pratique encadrée (à l’oral du moins) pour chacun. Les personnes assez réservées auront du mal à s’exprimer assez pour assimiler tout ce qu’on leur enseigne, et pour obtenir des résultats durables, il vaut mieux faire en sorte de parler en japonais tous les jours en dehors de l’école. Autre effet du nombre d’élèves par classe, ton niveau ne sera pas forcément adapté à la moyenne. Certaines personnes seront bien au-dessus, d’autres un peu à la traine, ce qui peut parfois provoquer quelques frustrations. Si tu es à la traine, sache que les professeurs sont généralement très volontaires et resteront à ta disposition après les cours si tu les sollicites. Pendant ma formation, j’ai notamment trouvé que cet écart entre élèves d’une même classe se creuse un peu plus dans les classes de niveau avancé, où l’on ne fait plus que survoler les kanjis pour se focaliser sur la, la compréhension de textes et l’expression écrite. La majorité des élèves étant chinois, ils n’ont pas de problème, mais les Français peuvent avoir un peu plus de mal à suivre le rythme (c’était mon cas, j’étais complètement largué niveau kanji/vocabulaire lors de mon dernier trimestre en classe H).

Je citerais également le nombre d’élèves français dans la liste des freins à la progression. Tu es peut-être de ceux qui, comme moi, pensent qu’il est bon d’entendre sa langue natale lorsqu’on est loin de chez soi, et de se faire des amis partageant plus ou moins le même mode de pensée. Il y a de nombreux bons côtés à avoir des amis français, mais on peut facilement tomber dans le piège de la facilité et ne plus se concentrer sur ses études.

Un dernier point noir, c’est le manque d’assistance pour les personnes aspirant à trouver un emploi. De gros efforts sont déployés en faveur des élèves qui souhaitent entrer en université ou école spécialisée (Senmongakkou), mais rien n’est officiellement organisé pour ceux qui recherchent un emploi. Heureusement, les professeurs t’aideront quand même volontiers si tu leur demandes de l’aide pour créer ton CV, par exemple.

L’ambiance

En parlant d’amis français, tu t’en feras très certainement, mais pas seulement ! Comme je l’ai dit plus haut, tu te retrouveras probablement dans la classe de gens venant des quatre coins du monde (enfin, surtout de l’Asie), et les occasions ne manqueront pas pour te faire des potes ou faire la fête.

Bon, d’accord, l’expérience sociale que l’on peut vivre à Toshin (et comme dans n’importe quelle école en général) dépend de la personnalité de chacun. Il y a, comme de partout, des solitaires, des fêtards, des relou, des queutards, des coincés, des cochonnes (soyons honnêtes), des paumés, et des gens un peu de tout ça. Bref, il y en a pour tous les goûts. Mais ce qui est sûr, c’est qu’en tant qu’étranger dans un pays à des milliers de kilomètres du tien, tu auras matière à créer de bons souvenirs et tisser des liens bien plus facilement (et parfois plus solides) que dans le train-train quotidien que tu as (peut être) vécu jusqu’à présent.

Personnellement, entre les beuveries, les trips à vélo entre potes, les amourettes, les soirées PS3 à ma guesthouse et j’en passe, j’en garde un très bon souvenir… Si c’était à revivre, je le ferais volontiers.

Pour finir…

Si tu as lu jusque là (merci), j’imagine que tu songes fortement à étudier le japonais dans une école au Japon, voire à Tokyo. Je ne saurais dire quelle est la meilleure école, étant donné que je ne suis allé qu’à Toshin. Mais je peux en tout cas citer des choses concrètes quant à mon expérience là-bas :

  • Je ne parlais pas japonais en arrivant au Japon, et je travaille désormais (à l’heure où j’écris ces lignes, du moins) à temps plein dans une boite japonaise, en tant que traducteur, et j’ai le JLPT N2 en poche. Si j’ai réussi à le faire, pas de raison pour que tu ne puisses pas faire pareil.
  • Je n’avais pas d’ami et ne connaissais personne en arrivant. Si c’est aussi ton cas, je peux te garantir que ça ne durera pas si tu es un minimum sociable.
  • Takadanobaba est un quartier étudiant. Il y a des dizaines de restaurants différents et manger dehors revient probablement moins cher que dans la plupart des autres quartiers un peu plus « chics » ou dans les quartiers d’affaires.
  • Les professeurs et le staff sont vraiment sympas et seront à ton écoute si tu as le moindre problème.

Voilà, j’espère t’avoir éclairé ne serait-ce qu’un peu sur le sujet. Il ne te reste plus qu’à économiser puis te lancer si tu as la motiv’ !

En parlant d’économiser, sache que diverses bourses existent pour les étrangers qui souhaitent étudier au Japon. J’en parle dans l’un de mes articles (il commence à dater, mais cela devrait te donner quelques pistes). J’ai des amis qui en ont déjà bénéficié, alors pourquoi pas toi ?

Liens utiles

Site officiel de l’école (en français) : http://www.ecole-tokyo.com/

Organisme s’occupant des élèves francophones de l’école (tu peux les contacter si tu as besoin d’informations) : http://www.dokodemo.fr/

Sur ce, passe une bonne journée et à très bientôt sur TSFJ !